lundi 10 juin 2013

Abolissons le capitalisme

Le capitalisme est basé sur le monopole de la possession des moyens de production par une classe minoritaire et leur utilisation pour produire des biens et services à vendre avec en vue des profits. Le capitalisme est une société de classe dans laquelle les profits doivent passer avant les besoins humains. Cette loi économique du capitalisme ne peut être changée par une action gouvernementale, encore moins par des amendements à la Constitution.

C'est à cause de cette loi que les promesses des partis d'améliorer votre niveau de vie et sa qualité dans des domaines tels que le logement, l'enseignement et l'environnement ne peuvent pas être honorées. Peu importe les partis qui gagneront, les problèmes resteront les mêmes. Ce n'est pas que les candidats qui font ces promesses sont nécessairement malhonnêtes, mais parce que, comme nous l'avons dit, le capitalisme ne peut être réformé et planifié de manière à fonctionner dans l'intérêt de la classe majoritaire de travailleurs salariés. C'est un système générateur de profits qui ne peut fonctionner que dans l'intérêt d'une infime minorité — ceux qui vivent de ces profits.

C'est pourquoi nous, socialistes-mondialistes, disons que la seule manière de résoudre les problèmes auxquels fait face la classe majoritaire dans la société est d'abolir le capitalisme, et non pas de le réformer, et de le remplacer par une nouvelle société basée sur la propriété commune et la gestion démocratique des moyens de production par et dans l'intérêt du peuple entier.

Sur cette base, les biens et les services pourront être produits pour la seule satisfaction des besoins humains au lieu de l'être pour les profits. Il n'y aurait donc aucune restriction monétaire ou financière en ce qui concerne les maisons, les écoles, les hôpitaux, le transport en commun et les autres services requis pour satisfaire les besoins des gens. En fait, il n'y aura aucun besoin d'argent, de salaire, de profit, de banque et de tout le bataclan sur l'achat et la vente. Le principe socialiste « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins » sera mis en pratique. Les gens travailleront au mieux de leur connaissance et habilité à produire une abondance de biens et services auxquels ils auront libre accès selon leurs besoins individuels. Violà ce que signifiaient originellement les termes « socialisme » et « communisme » et ce qu'ils signifient toujours pour nous. Une telle société socialiste ne peut être établie que lorsqu'une majorité le désirera et le comprendra et utilisera l'action politique démocratique et révolutionnaire — c'est-à-dire avec pour but de changer la base de la société — pour ce faire.

vendredi 10 mai 2013

Assez pour tous

Les arguments en faveur d’une économie dans laquelle la production vise à satisfaire les besoins humains et où la production pour la vente et l’économie marchande sont abolies, reposent sur le fait suivant : l’industrie moderne et la technologie se sont développées à un tel degré qu’elles pourraient fournir en abondance des biens de consommation et services à toute la population du monde, à condition qu’elles soient utilisées rationnellement pour arriver à ce but.

Les problèmes d’une production en quantité suffisante pour tous sont déjà résolus. Après de longs efforts pour combattre la pénurie l’humanité est venu à ses bouts et la possibilité de produire en abondance est devenue une réalité. Mais ceci ne peut être accompli dans le cadre d’une société où les moyens de production sont la propriété d’une minorité et où les richesses sont produites pour la vente en vue de profits. Le seul cadre où cette abondance serait réalisable est celui d’une société dans laquelle toutes les ressources, qu’elles soient naturelles ou industrielles, sont devenues l’héritage commun de toute l’humanité. Dans ces conditions seulement, est-il possible de décider rationnellement ce qui sera produit et satisfaire les besoins humains. Dans une telle société, marché, salaires, profits, achat et vente seraient hors de contexte ; ils finiraient simplement d’exister.

Une société d’abondance n’est pas l’extension de notre prétendue société de consommation caractérisée par son énorme gaspillage de ressources ; cela ne signifie pas que les gens acquièrent de plus en plus de gadgets inutiles et qui gaspillent des ressources, mais tout simplement que les besoins matériels des gens, à la fois en tant qu’individu et en tant que communauté, soient satisfaits d’une façon rationnelle. Contrairement à la croyance générale que cultivent prudemment les défenseurs du capitalisme, l’homme n’est pas avide par nature et les besoins humains ne sont pas sans limite. Du point de vue matériel, un être humain a besoin d’une certaine quantité et variété de nourriture, vêtements et abris et bien vite chaque individu pourra découvrir ce qu’elles sont dans son propre cas. Cela aurait lieu si les biens et les services pouvaient être utilisés librement et gratuitement.

Mais, on peut faire objection, avec cette utilisation libre les gens prendraient au-delà de leurs besoins. Mais au contraire, pourquoi agiraient-ils ainsi alors qu’ils seraient assurés (et ils le seraient vu la puissance productrice de l’industrie moderne et le fait que les que les moyens de production seront devenus l'héritage commun de tous) d’une production toujours subvenant aux besoins de tous ? Après tout, aujourd’hui, l’utilisation de l’eau (ou du moins la quantité d’eau consommée à n’importe quel moment) est gratuite, et les gens n’utilisent que ce dont ils ont besoin pour laver, cuisiner, etc. Pareillement, lorsque tous les besoins de consommation et les services seront librement et gratuitement disponibles, on peut s’attendre à ce que les gens ne prennent de nourriture, vêtements, etc., que selon leurs besoins. En prendre davantage serait anormal et sans intérêt.

Mais est-ce que l’industrie moderne peut vraiment fournir suffisamment pour tous et ainsi permettre l’utilisation libre et gratuite des biens de consommation et des services ? Ceci est indéniable, dès que l’on aura supprimé les gaspillages du capitalisme. Citons tout d’abord les forces armées, l’armement, et en deuxième lieu tout le personnel, tous les bâtiments et tout l’équipement employés pour le marché et l’économie marchande en général : banques, assurances, services gouvernementaux à la charge des pensions et des impôts, vendeurs, contrôleurs, comptables, caissiers, etc. En vérité, on peut dire que sous le capitalisme bien plus de la moitié de la population est employée dans de pareilles activités improductives. Et troisièmement la production vise à ce que les produits deviennent rapidement surannés en les fabriquant pour se casser ou s’user en comparativement peu du temps. Dans une société organisée rationnellement, les biens de consommation pourraient être fabriqués de manière à durer et cela résulterait en une énorme économie de ressources.

En éliminant ces trois causes de gaspillages inhérentes au capitalisme, on pourrait produire en quantité suffisante pour nourrir, vêtir et loger convenablement tout le monde, si bien que, de nos jours, le seul programme réaliste est le suivant :  Abolition de l’argent, utilisation gratuite des richesses par tous selon les besoins individuels, tel que l’énonce le vieux mot d’ordre : « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ».


dimanche 21 avril 2013

L’abondance tue les profits

Effectivement l'appareil productif actuellement à la disposition de l'humanité est capable de fournir une abondance de biens et de services pour la satisfaction des besoins humains. Autrement dit, on a résolu le problème de la production. On a vaincu la rareté. La plupart des gens, cependant, continue à subir, à des degrés divers, la rareté. Cette contradiction s'explique par le fait que le système de distribution, de répartition, des richesses reste toujours fondé sur l'âge de la rareté. Le système de prix-salaires-profits ne correspond plus aux exigences de la technologie.

Le but de la production aujourd'hui n'est pas la satisfaction des besoins humains, mais c'est de faire des profits. « Pas de profit, pas de production » est la règle économique fondamentale d'aujourd'hui. C'est pourquoi la production s'arrête bien avant que les besoins humains soient satisfaits. Si, dans le système actuel, on utilisait l'appareil productif à sa pleine capacité il résulterait une telle abondance de richesses que les prix auraient tendance à tomber vers zéro. On ne ferait plus de profits et on ne gagnerait donc plus d'argent, ni pour entretenir ceux qui vivent des profits ni pour réinvestir dans la production. Tout simplement l'abondance tue les profits.

C'est pourquoi ceux qui gèrent le système économique actuel sont obligés de faire tout ce qu'ils peuvent pour empêcher l'abondance de se manifester. Ils sont obligés de maintenir une rareté artificielle afin de préserver le profit, sans lequel le système actuel ne peut fonctionner. En plus, le système de prix-salaires-profits est non seulement un système de rareté artificielle, c'est aussi un système de gaspillage organisé : les biens sont fabriqués pour ne pas durer trop longtemps afin de maintenir des ventes et ainsi des profits



samedi 5 janvier 2013

Eric Hobsbawm, historien et léniniste

( article du Socialist Standard, mensuel du SPGB, Parti socialiste de Grande-Bretagne, de novembre 2012, traduit par Critique sociale)


Le décès d’Eric Hobsbawm le 1er octobre a marqué la fin d’une génération d’historiens de gauche qui, tout en défendant le matérialisme historique, ont rejeté la politique marxienne en adoptant le léninisme.
Les figures principales de ce groupe furent E.P. Thompson, Christopher Hill et Rodney Hilton, mais la liste inclut aussi Maurice Dobb, A.L. Morton, Dorothy Thompson, John Saville, Victor Kiernan, Raphael Samuel et George Rudé. Ils entrèrent au Parti communiste de Grande-Bretagne (CPGB) et furent actifs au sein du Communist Party Historians Group. En dépit de leurs carences politiques, dans les décennies qui suivirent la Seconde Guerre mondiale leurs travaux faisaient partie de ce qui défiait l’Histoire aride de la haute politique des « grands hommes », qui avait précédemment dominé les études historiques universitaires. Certains continuèrent leur activité en fondant la Society for the Study of Labour History (société pour l’étude de l’histoire du mouvement ouvrier), et prirent part à l’essor et à l’établissement de l’histoire sociale « par en bas » comme discipline académique. Ils produisirent des œuvres qui furent parfois chaudement accueillies par des militants du socialisme désireux d’acquérir des connaissances dans une perspective historique matérialiste. Une partie du travail de ce groupe continuera à être une ressource fertile pour les militants du socialisme. Si seulement ils avaient pu appliquer leur matérialisme historique aussi rigoureusement à leur propre époque qu’à celles qu’ils étudiaient respectivement, ils ne se seraient probablement pas affiliés au léninisme.
Hobsbawm, à l’instar de nombreux historiens membres du Parti communiste qui devinrent plus tard des figures éminentes, se radicalisa durant l’Entre-deux-guerres, plaçant ses espoirs dans l’Union soviétique. Cependant la plupart d’entre eux quittèrent le Parti communiste après la répression russe du soulèvement hongrois de 1956, déjà désillusionnés par une compréhension naissante des horreurs de la Russie de Staline et de la répression d’Etat permanente. Hobsbawm se singularisa en ne quittant pas le Parti communiste, dont il demeura membre jusqu’à son effondrement, et continua dans une certaine mesure de faire l’apologie du bolchévisme jusqu’à sa mort.
Hobsbawm ne fut pas un stalinien impénitent, se faisant l’avocat de l’eurocommunisme dans les années 1970 et soutenant la réforme du Labour Party de Neil Kinnock dans les années 1980, mais il garda l’idée que l’Union soviétique était une expérience valable qui avait mal tourné. Dans ses mémoires il écrivit : « le rêve de la révolution d’Octobre est toujours quelque part en moi […] Je l’ai abandonné, ou plutôt rejeté, mais il n’a pas été effacé. Jusqu’à ce jour, je me surprends à traiter la mémoire et la tradition de l’URSS avec indulgence et tendresse »2. Dans un article pour le Guardian du 14 septembre 2002, Hobsbawm écrivit : « Dans les premiers temps nous savions qu’un monde nouveau était en train de naître dans le sang, les larmes et l’horreur : révolution, guerre civile, famine… Du fait de l’effondrement de l’Ouest, nous avions l’illusion que même ce système brutal, expérimental marcherait mieux que l’Ouest. C’était ça ou rien. »
Mais ce n’était pas « ça ou rien ». En tant que membre du CPGB, Hobsbawm a soutenu l’Union soviétique parce qu’elle représentait l’espoir de ceux qui croyaient de façon erronée qu’une forme brutale de capitalisme d’Etat pouvait se transformer en une véritable société socialiste. En tant que tel il était un adversaire du Parti socialiste de Grande-Bretagne, qui, déjà à l’époque, entendait établir le socialisme sur la base de la propriété commune réelle et du contrôle démocratique des moyens de production, sans « période de transition » impliquant un capitalisme d’Etat. Dans un de ses articles, d’abord publié dans la New Left Review, Hobsbawm écrivit au sujet de H. M. Hyndman et de la Social Democratic Federation (SDF), et qualifia le Parti socialiste de Grande-Bretagne de « secte complètement hors sujet ». Historien pourtant connu pour son souci du détail, il data malencontreusement la fondation du parti en 1906 au lieu de 1904. Ceci est sans doute dû au fait que, comme la plupart des historiens qui rejetaient d’un revers de main ce parti, il n’avait jamais pris le temps d’examiner sérieusement son arrière-plan historique ou ses archives.
L’article continuait par un appel à une réévaluation de la SDF qui avait jusque-là été méprisée par les historiens de gauche. La SDF, avançait Hobsbawm, avait démontré sa longévité, avait un caractère prolétarien et de nombreux travailleurs de gauche en avaient été membres. Elle était caractérisée non par le sectarisme mais par une bien compréhensible intransigeance (même si, en bon bolchévik, Hobsbawm remarquait que la SDF était « largement incapable d’envisager […] les problèmes de la révolte ou de la saisie du pouvoir »). La reconnaissance habilitée des réalisations de la SDF par Hobsbawm est également applicable à la place historique du Parti socialiste de Grande-Bretagne dans la vie politique de la classe ouvrière britannique. Mais une chose le met hors-jeu pour toute inclusion dans les archives du socialisme en Grande-Bretagne pour les historiens de gauche : il ne s’est pas joint à la formation du CPGB en 1920, mais s’y est opposé. Pour Hobsbawm, la SDF avait du crédit en tant qu’elle faisait partie des antécédents politiques britanniques à l’origine du CPGB. Le Parti socialiste de Grande-Bretagne a défendu le socialisme tel que l’entendait Marx – contre le marché et contre l’Etat – et était de ce fait anti-bolchévik. À cause de cela, ce parti fut ignoré ou sommairement rejeté par les historiens du communisme et du mouvement ouvrier, qui étaient généralement léninistes, trotskistes ou travaillistes.
La déception face aux réalités de l’Union soviétique a mené de nombreux contemporains d’Hobsbawm au sein du CPGB à une désillusion extrême, puis à des trajectoires du même ordre dans différentes variantes politiques de gauche. Alors que cette génération d’historiens appartient désormais elle-même au passé, le Parti socialiste de Grande-Bretagne continue la tâche qu’ils ont ignorée, celle d’essayer de faire la révolution socialiste que le Parti bolchévik de Russie n’est jamais parvenu à faire. Cette tâche implique nécessairement la compréhension et le rejet de la stratégie de la saisie insurrectionnelle du pouvoir d’Etat et de l’instauration d’un capitalisme d’Etat comme chemin vers le socialisme. Les militants du socialisme d’aujourd’hui ont toujours autant de travail à effectuer pour extirper les mots de socialisme et de communisme de leur association avec le capitalisme d’Etat et la brutalité de la stratégie politique soutenue par Hobsbawm.


Notes:
1 Parti d’extrême-gauche britannique existant depuis 1904 (voir le site internet worldsocialism.org/spgb ). Traduction de Critique Sociale, publiée avec l’accord du SPGB.
2 Interesting Times, p. 56. Traduit en français sous le titre Franc-tireur, autobiographie (publié par Ramsay en 2005, réédité par Hachette en 2007).

dimanche 2 décembre 2012

A bas les dirigeants

Les « leaders » (c'est ainsi que les meneurs entendent être désignés, ou, encore, les  « dirigeants » – en France et à gauche), les dirigeants – donc – s'appliquent à mener leurs troupes au combat dans des luttes stériles pour elles mais rentables pour la bureaucratie dirigeante. Tout ce que l'action des travailleurs peut produire, conduite par des meneurs aspirant aux commandes de l'Etat, c'est un change ment de caste dirigeante. Le remplacement de Nicholas Sarkozy par François Hollande ne changera absolument rien dans la vie de ceux qui produisent un gâteau réparti ensuite en profits et salaires.

Mais ce n'est pas parce que des moutons sont mangés et les autres tondus que les moutons vont cesser de bêler sous la conduite des bergers et des chiens du troupeau ! Seulement voilà: le troupeau populaire n'est pas un troupeau ovin et les travailleurs ont sur bovins et ovins l'avant âge de pouvoir réfléchir.

Le grand savant L. H. Morgan a écrit: « Avant la découverte du fer et de son utilisation, la civilisation n'était pas possible ». Il faut en effet les conditions matérielles nécessaires pour que le cerveau humain puisse y réfléchir des solutions à son avantage. Et tant que les principes du socialisme n'auront pas été propagés au sein de la classe travailleuse le cerveau humain ne sera pas à même de réfléchir leur supériorité sur tous les bavardages d'unions de la gauche ou pour un mouvement populaire.

lundi 12 novembre 2012

Ils ont raison (11)

Le Mouvement Zeitgeist propose que nous travaillions à la mise en place d'un modèle économique mondial basé sur les ressources, dans lequel les ressources planétaires sont reçues en tant qu'héritage commun de tous les habitants de la Terre. La pratique actuelle de rationalisation des ressources par le biais de méthodes monétaires est impertinente, contre-productive, et est loin de satisfaire les besoins de l'humanité.

Simplement, un Modèle d'Économie Basée sur les Ressources utilise les ressources existantes - plutôt que l'argent - pour fournir une méthode de distribution équitable de la manière la plus humaine et efficace possible. Dans un système dans lequel tous les biens et services sont mis à disposition de chacun sans l'utilisation d'argent, de crédit, de troc ou toute autre forme de dette ou servitude.

Afin de mieux comprendre ce modèle, considérez ceci. Si tout l'argent dans le monde disparaissait du jour au lendemain, tant que les terres arables, les usines, le personnel et les autres ressources étaient laissées intactes, nous pourrions construire tout ce dont nous avons besoin pour satisfaire la plupart des besoins humains. Ce n'est pas d'argent dont les gens ont besoin, mais plutôt d'un accès à la plupart de leurs besoins sans avoir à s'inquiéter à propos de la sécurité financière ou avoir à recourir à une bureaucratie gouvernementale. Dans une économie d'abondance basée sur les ressources, l'argent deviendrait impertinent.

Nous sommes arrivés à un moment où les nouvelles innovations dans la science et la technologie peuvent facilement fournir une abondance pour tous les peuples du monde. Il n'est plus nécessaire de perpétuer le retrait conscient d'efficacité par l'obsolescence planifiée, perpétuée par notre système de profit vieillissant et périmé.

jeudi 27 septembre 2012

La spéculation immobilière

Bruxelles, en tant que capital de l’Union Européene et quartier général d'un certain nombre de corporations multinationales, a fait l’expérience d'un boom dans la construction d’édifice à bureaux. Inévitablement, cela a occasionne des augmentations sur les prix des terrains et, tout aussi inévitablement, la spéculation immobilière. Des fortunes colossales furent faites par une poignée de gens.

Parce que les spéculateurs immobiliers deviennent riches si vite et sans avoir à travailler, ils sont toujours impopulaires, spécialement parce que les maisons des travailleurs ordinaires doivent souvent être démolies pour faire place à des édifices à bureaux, aggravant ainsi le problème du logement. Le fait est, cependant, que la spéculation immobilière est une conséquence inévitable de la propriété privée des terrains. Les propriétaires privés de terrains monopolisent une partie de la surface de la Terre et, en conséquence, sont en position de demander un paiement pour leur usage non seulement sans avoir à travailler mais aussi sans avoir à investir de capital.

La terre, n'étant pas un produit du travail, n'a pas de valeur ; elle n'a seulement qu'un prix qui est déterminé par l’offre et la demande. Le prix de la terre est déterminé en fait par la capitalisation de la location espérée sur un certain nombre d'années, et la location espérée dépend de la demande pour son usage. Si, comme a Bruxelles, il y a une demande sans cesse croissante de terrains pour la construction de bureaux, alors le prix des terrains augmentera, et ce tant et aussi longtemps que la demande croîtra.

Ceux qui possèdent des terrains, particulièrement ceux possédant des terrains avec des édifices à bureaux vacants, peuvent faire de l'argent de cette situation. C'est pourquoi un nombre des capitalistes investit maintenant dans l'achat de terrains pour édifices à bureaux et dans la spéculation des augmentations futures de leurs prix, c’est-à-dire sur la location qu'ils peuvent en obtenir. Cette construction d’édifices à bureaux pour location à une date ultérieure est fondamentalement ce que représente la spéculation immobilière moderne.

Les socialistes sont résolument contre la propriété privée de la terre mais nous ne favorisons pas son abolition isolée sous le capitalisme parce que cela ne constituerait qu'une simple reforme laquelle ne résoudrait pas le problème du logement, pas plus qu'aucun autre problème confrontant la classe travailleuse. Nous nous prononçons pour l'abolition de la propriété de classe des instruments de production faits par l'homme tout comme pour la terre et les ressources naturelles. Nous voulons un monde dans lequel tous les moyens et instruments de production et de distribution sont devenus l’héritage commun de toute l'humanité, de manière à ce que, sous contrôle démocratique, ils puissent être utilisés pour produire non pour la vente avec en vue le profit mais uniquement pour satisfaire les besoins humains.