mercredi 23 septembre 2026

L’État

L’État est l’organe de coercition par lequel une classe dirigeante maintient sa domination sur le reste de la population. Sous le capitalisme, donc, l’État est la machine par laquelle la classe capitaliste minoritaire maintient la classe travailleuse majoritaire, exploitée à des fins lucratives, sous soumission. 

Sous le capitalisme, seules ces deux classes sociales subsistent. Il ne peut y avoir qu’un seul État où une seule classe domine les autres. Ainsi, avec l’émancipation de la classe travailleuse (la dernière classe sujette) du système salarial (capitalisme), les deux classes cessent d’exister. Par conséquent, l’État cessera d’exister. 

Marx et Engels croyaient, et les socialistes d’aujourd’hui  croient, que pour renverser le système capitaliste, la classe travailleuse doit prendre le contrôle de l’État et utiliser ses forces de coercition (armée et police) pour priver les capitalistes des moyens de production, en plaçant démocratiquement ces moyens entre les mains de tous. Le capitalisme et le travailleur cessent alors d’exister, tout comme l’État, et pour la première fois nous avons une société d’êtres humains, qui contrôle son propre destin. 

jeudi 3 septembre 2026

Trainé dans la boue

Dans le The Rise and Fall of Communism [L’essor et la chute du communisme] Archie Brown, professeur à Oxford et expert sur le sujet, commence par définir ses mots. 

Par Communisme (avec un C majuscule), il entend ce qui existait en Russie et dans 14 autres pays et qui existe encore aujourd’hui à des degrés divers dans cinq d’entre eux (Chine, Vietnam, Corée du Nord, Cuba et Laos), caractérisé par la monopolisation du pouvoir par un parti communiste, organisé de façon rigide, hiérarchique et discipliné, la propriété étatique des principaux moyens de production et une économie dirigée de haut en bas. 

Par communisme (avec un petit c), il  définit « la société auto-administrée,  sans état, cooperative » que le Parti communiste avait proclamé comme objectif à long terme – et qui était l’objectif de Marx aussi (et aussi notre seul et immédiat objectif, même si nous préférons l’appeler le socialisme).

Ceci pris en considération, ce tome de 700 pages est un compte-rendu objectif de l’histoire et de la disparition en Europe des régimes communistes (ce que nous avions appelé capitalisme d’État) qu’il considère comme le fait marquant du 20° siècle. Malheureusement pour nous, communistes authentiques, en dehors de la douleur infligée aux travailleurs des pays concernés, ceux-ci ont traîné le nom du communisme (avec un petit c) dans la boue, rendant ainsi d’autant plus difficile la tâche de diffuser l’idée d’une société sans état, sans classes, sans argent comme l’alternative au capitalisme.