samedi 16 mai 2009

La démocratie ouvrière

Le Mouvement Socialiste Mondial a toujours mis en avant des principes démocratiques et a toujours considéré que pour que le socialisme soit établi, il faudrait qu’il soit l’œuvre d’une vaste majorité de travailleurs pleinement conscients de leur situation et de leur tâche. C’est pourquoi nous rejetons les dirigeants, les chefs, en d’autres mots ceux qui pensent pour les autres. En 1895, Antonio Labriola, un marxiste italien, écrivait dans son essai En mémoire du Manifeste du parti communiste :


« De même que devant le perfectionnement des armes et des autres moyens de défense, la tactique des émeutes est devenue inopportune, et de même que la complication de l’état moderne montre l’insuffisance d’une occupation par surprise d’un Hôtel de ville pour imposer à tout un peuple la volonté et les idées d’une minorité, même courageuse et progressive ; de même, de son côté, la masse des prolétaires ne s’en tient plus au mot d’ordre de quelques chefs, pas plus qu’elle ne règle ses mouvements sur les prescriptions de capitaines qui pourraient sur les ruines d’un gouvernement en élever un autre. La masse ouvrière, là où elle s’est développée politiquement, a fait et fait sa propre éducation démocratique ; elle choisit ses représentants et soumet leur action à la critique ; elle fait siennes, après examen, les idées et les propositions que ceux-ci lui soumettent ; elle sait déjà, ou elle commence à comprendre, selon les pays, que la conquête du pouvoir politique ne peut pas et ne doit pas être fait par d’autres en son nom, et surtout et surtout que cette conquête ne peut pas être la conséquence d’un coup de main. En un mot, elle sait, ou elle commence à comprendre, que la dictature du prolétariat, qui aura pour tâche la socialisation des moyens de production, ne peut être le fait d’une masse menée par quelques-uns, mais qu’elle doit être et qu’elle sera l’œuvre des prolétaires eux-mêmes, devenus, déjà en soi et par une longue pratique, une organisation politique. »


Apparemment, cela n’empêcha pas Lénine, qui connaissait cet auteur, d’établir l’idée qu’il fallait aux travailleurs un parti d’avant-garde pour les guider vers la révolution. Cette notion pernicieuse a depuis infecté le mouvement ouvrier comme une pandémie. C’est en adoptant nos principes que la classe travailleuse retrouvera son authenticité politique.

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