dimanche 16 mai 2010

La réforme monétaire : hors de propos

Au Canada il y avait un parti et des parlementaires créditistes , mais comme on peut le voir c'étaient des conservateurs et des populistes. Ils voulaient réformer le système monétaire en laissant le reste du système économique tel quel, y compris le marché libre et la production pour le profit.

Le créditisme est basé sur l'erreur selon laquelle la production ne génère assez de pouvoir d'achat pour acheter toute la production nouvelle (le fameux théorème A + B de Douglas). Selon les créditistes, donc, l'État doit intervenir et payer à chacun un « dividende social » afin que toute la production nouvelle puisse s'écouler.

Si cette analyse est vraie, et étant donné que l'État ne paie aucun « dividende social », on se demande pourquoi le système économique actuel ne s'est pas effondré depuis longtemps. Mais elle n'est pas vraie : assez de pouvoir d'achat est généré dans la production -- sous la forme de salaires et de profit et ses dérivés -- pour acheter toute la production nouvelle. C'est pourquoi les critiques du créditisme disent que le paiement d'un « dividende social » par l'Etat, en augmentant le montant de la monnaie en circulation au-delà du niveau requis, mènerait à une inflation sérieuse.

De toute façon, depuis que tous les États ont abandonné l'étalon-or dans les années 30, l'État seul décide de l'émission de la monnaie. Les banques privées ne font que prêter de l'argent soit qu'on y a déposé soit qu'elles ont emprunté elles-mêmes. On aurait cru que la crise bancaire actuelle aurait fait disparaître l'idée selon laquelle les banques peuvent créer de rien de l'argent à prêter. Après tout, si elles le pouvaient, pourquoi ne l'ont-elles pas fait ? Pourquoi les « bail-outs » ?

Ce qu’il faut, ce n ’est pas la réforme monétaire (ni la soi-disant « socialisation » des banques) mais l’abolition de l’argent et des banques par la mise en commun des ressources productives et la production pour la seule satisfaction des besoins humains.


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