Affichage des articles dont le libellé est Syndicalisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Syndicalisme. Afficher tous les articles

lundi 18 octobre 2010

De l'huile socialiste sur le feu

Pourquoi faire ? De l'Huile sur le Feu ! De l'huile gaspillée sur un inutile feu ? absurde ! c'est vrai... Le feu de l'action des travailleurs n'est pas, en soi, inutile et verser sur ce feu-là de l'huile socialiste est un impératif urgent.

La « paix sociale », tant recherchée y compris par les grands syndicats, n'a pas d'autre nom que collabo­ration de classes. La « paix sociale », c'est la possibilité pour le patronat de poursuivre son exploitation dans de bonnes conditions. La « paix sociale » avec aujourd'hui son cortège d'augmentations de cotisations, de recul de l'âge de la retraite, etc. ne se fait que sur le dos de la classe travailleuse. Celle-ci a été amenée à réagir pour refuser d'entrer dans ce jeu-là en se mobilisant pour défendre ses intérêts.

Il convient donc de se donner des perspectives claires : lutter pour se défendre face aux attaques du capital et de ses serviteurs, lutter politiquement pour le socialisme, c'est-à-dire une société sans clas­ses, sans salariat, sans frontières.

Tout ce que l'action des travailleurs peut produire, si elle est conduite par des dirigeants aspirant aux commandes de l'État, c'est un change­ment de caste dirigeante. Remplacer Sarkozy par quelqu'un de « gauche » ne change absolument rien dans la vie de ceux qui produisent un gâteau réparti ensuite en profits et salaires.


lundi 4 octobre 2010

Au-delà du syndicalisme

Nous souscrivons à la formule « n’importe quel syndicat vaut mieux que pas de syndicat », c’est-à-dire: il vaut mieux que les travailleurs soient organisés que pas organisés (autrement les employeurs vous marchent dessus). Ceci n’a rien à voir avec la révolution, mais simplement avec le fait de survivre le mieux possible sous le capitalisme.

Dans une période non révolutionnaire le concept de « syndicat révolutionnaire » est une contradiction dans les termes. Dans une telle période les syndicats ne peuvent être que des organes de défense. C’est pourquoi toutes les tentatives de créer des syndicats révolutionnaires ont toujours fini en création d’un nouveau syndicat ordinaire ou en disputes sectaires entre de petits groupes sans aucune influence sur le lieu de travail.

Pourquoi ne pas reconnaître simplement que n’importe quelle organisation sur le lieu de travail aujourd’hui va être, et ne peut qu’être, non révolutionnaire ? On adhère à un syndicat, non pas pour faire la révolution, mais pour protéger son beefsteak (c.à.d., par exemple, obtenir une compensation si on se blesse en trébuchant sur les fils de son ordinateur, être sûr que son salaire a été calculé correctement et autres questions éminemment non révolutionnaires).

Bien sûr il est légitime pour les socialistes de participer — simplement en tant que travailleurs salariés eux-mêmes — à ces luttes « économiques », forcément défensives, des travailleurs à propos de salaires, horaires, conditions de travail, etc.

Cela dit, il est vrai aussi que, lorsque les travailleurs deviennent révolutionnaires, les organisations « économiques » qu'ils ont formées le deviennent aussi. Soit par la transformation des syndicats actuels (pas impossible), soit par des scissions de ces syndicats (le plus probable, peut-être), soit par la formation de nouvelles organisations (aucune objection). C'est l'histoire qui en décidera. Ces organisations seraient, on pourrait le dire, des « syndicats révolutionnaires », dont la fonction serait d'organiser la continuité de la production pendant la période révolutionnaire.

Ce que Marx écrit au sujet du syndicalisme il y a presque 150 ans est toujours pertinent :

« Les syndicats agissent utilement en tant que centres de résistance aux empiétements du Capital, ils s'avèrent en partie inefficaces par suite de l'emploi peu judicieux qu'ils font de leur puissance. Ils manquent généralement leur but parce qu'ils se bornent à une guerre d'escarmouches contre les effets du régime existant, au lieu de travailler en même temps à sa transformation et se servir de leur force organisée comme d'un levier pour l'émancipation définitive de la classe travailleuse, c'est-à-dire pour l'abolition du salariat » (fin de Salaires, Prix et Profits).