LE PLUS GROS CANULAR DU SIECLE
La plus grosse mystification du siècle, c'est de prétendre faire du socialisme en conservant le salariat. Le problème est qu'il n'y a pas de capital sans salariat et inversement. Inciter donc à de telles croyances est du même acabit que de parler de la « suppression du féodalisme par la nationalisation des propriétés des grands féodaux »... sans abolir le servage. Le plus ou moins d'autogestion ou de participation accordé aux serfs récalcitrants pour les motiver aux corvées ne change rien à la servitude. Même chose pour le salariat. Imaginez une usine autogérée fabriquant dés matraques de C.R.S. ou des gadgets qui s'usent très vite dès qu'on s'en sert, avec à la tète un patron autogestionnaire et toujours des salaires. Donc une fois pour toutes, nous sommes dans une société salariale et non pas — seulement — de « profit », « industrielle » ou « capitaliste ». De la même façon que la société féodale ne fut pas seulement de privilège, agraire ou artisanale, mais de servage.
C'est important d'annoncer le comment de la mise en servitude. Pour en finir avec lui. Pour démystifier le creux des mots qui nous abusent. Tenez, on nous parle souvent de « transition vers le socialisme » : pas possible ! Entre l'esclave et le non-esclave, entre les salariés solitaires et soumis et les producteurs librement associés et fédérés, it n'y a pas de transition possible. Parler de transition, c'est mettre de côté l'abolition du salariat, changer la façade du capital, supprimer son caractère privé, l'étatiser. Si le salariat devenait salariat d'Etat, ça ne changerait rien au mode de servitude et d'atomisation de l'existence. A l'ennui au travail, aux travaux socialement inutiles, à l'aliénation par le salaire, à la soumission aux autorités et autres « impératifs économiques et étatiques ». Ça renouvellerait un peu les hiérarchies : les bureaucrates au lieu des actionnaires. Les cadres, ça reste, ça suit les uns ou les autres. Et puis tout n'a qu'un temps. L'ordre revient vite, il faut savoir attendre. Fiat est à Moscou, Nivéa et Shell à Budapest. Et Pékin ? Ça vient, merci.
(Claude Berger, Pour l’abolition du salariat, 1976)
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mardi 3 avril 2012
Ils ont raison (10)
samedi 6 août 2011
Ils ont raison (8)
Claude Berger dans Pour l’abolition du salariat (1976)
On passe des heures ennuyeuses, fatigantes, en état de soumission, dans la seule attente de la sortie du boulot et de la monnaie finale. Sans broncher. Sans rire et sans chanter. « Faut bien vivre », comme on dit. Or la plupart des produits fabriqués sont socialement inutiles du point de vue d'une société non-salariale puisque leur seule utilité est ici marchande : elle enchaîne le salarié à la consommation pour réaliser en argent le travail gratuit qu'on vient de lui prendre ! Qui en profite ? Le capital et toute sa hiérarchie salariée qui use du savoir et du pouvoir. Par ailleurs, dans le cadre du salariat près de la moitié des salariés ordinaires passe son temps à surveiller, à contrôler un travail fait sans motivation et sans passion, dans le désintérêt total, ou à comptabiliser et vendre le surtravail des autres afin de le transformer en marchandise et en argent. On mesure l'énorme gâchis de temps de travail, sans parler de celui consommé par l'oppression étatique, par la centralisation économique et le gigantisme des échanges de la société salariale.
Supprimez le capital et le salariat, le salaire et l'argent, l'Etat et l'économie de marché des produits, inséparable de l'économie de marché des hommes, et vous libérez une masse énorme de temps de travail. Ajoutez le temps disponible de tous les reclus qui voudraient bien produire un peu mais pas trop, les vieux, les enfants, les handicapés, les femmes vouées au rôle de reproductrice ou de gardienne au foyer, mettez toutes les hiérarchies au travail productif et vous aboutissez au compte suivant : deux heures de travail par jour pour la production de biens socialement utiles suffiraient amplement pour vivre enfin dans une société non-salariale.
samedi 26 février 2011
Gaddafi et l'abolition du salariat
Voici ce que le dictateur fou de la Libye a déclaré en 1988. Bien entendu ces ne sont que des mots et il est fou. Mais il montre que même un fou peut parfois émettre une vérité :
DECLARATION DU GUIDE DE LA REVOLUTION A L'OCCASION DU 1ER MAI. TRIPOLI 2 AL MAA ( AGENCE JAMAHIRIYA PRESSE )
A L’OCCASION DU 1ER MAI, LE GUIDE DE LA REVOLUTION A FAIT LA DECLARATION SUIVANTE A LA JANA :
" LE 1ER MAI DE CETTE ANNEE EST LE JOUR OU LES SALARIES SONT BAFOUES PARTOUT DANS LE MONDE, ALORS QUE DES MILLIONS DE SALARIES CONTINUENT D’ETRE EXPLOITES ET NE SONT TOUJOURS PAS LIBERES DE L’ESCLAVAGE DU SALARIAT DANS LEQUEL LES MAINTIENNENT LES DIRIGEANTS ET LES PATRONS POUR TIRER PROFIT DE LEUR TRAVAIL ET DE LEUR SUEUR ".
" LE SALUT DE CES MILLIONS DE SALARIES DANS LE MONDE RESIDE DONC DANS L’ABOLITION DU SALARIAT, DE CETTE SERVITUDE. LES TRAVAIL LEURS DOIVENT TRANSFORMER CE JOUR DE SERVITUDE EN JOUR DE RESIS TANCE A CES MENSONGES ET AUX FORCES D’EXPLOITATION EN MARCHANT SUR LES USINES ET TOUS LES LIEUX DE PRODUCTION, POUR GERER PAR EUX MEMES, RECUPERER TOUTE LEUR PART DE PRODUCTION ET ABOLIR A JAMAIS LE SALARIAT ".
" L’ERREUR QUI PREVAUT EN CE JOUR DANS LE MONDE MONTRE QUE LA LIBERTE DES TRAVAILLEURS MANQUE, OU QU’ELLE EST TOTALEMENT PERDUE. CETTE LIBERTE NE PEUT SE REALISER QUE SI LES TRAVAILLEURS S’ENTENDENT POUR S’AFFRANCHIR DE LA SERVITUDE DU SALARIAT. LES PATRONS DEVRONT ALORS ACCEPTER LE FAIT ACCOMPLI, ET DISPARAITRE ".
" LA VERITABLE FETE DES TRAVAILLEURS EST LE 1ER SEPTEMBRE 1978, JOUR OU LES SALARIES SE SONT LIBERES EN TERRE DE JAMAHIRIYA DETRUISANT LES FOYERS D’EXPLOITATION OU QU’ILS SE TROUVENT ET PRENANT POSSESSION DES USINES ET DES LIEUX DE PRODUCTION POUR DEVENIR ASSOCIES."
" LE LIVRE VERT PRESENTE LA TROISIEME THEORIE MONDIALE, SEUL MOYEN DE LIBERER L’HUMANITE DE L’OPPRESSION ET DE L’ EXPLOITATION ET TRACE LA SEULE VOIE DE L’EMANCIPATION FINALE DE TOUS LES TRAVAILLEURS. TOUS LES TRAVAILLEURS DU MONDE DOIVENT S’INSPIRER DE CETTE THEORIE POUR CONSACRER LEUR LIBERTE ET ABOLIR L’ESCLAVAGE DU SALARIAT ".
" LES SALARIES AUSSI BIEN SOIENT LEURS SALAIRES, SONT UNE SORTE D'ESCLAVES, ESCLAVES D'UN MAITRE QUI LOUE LEUR FORCE DE TRAVAIL. "
" TOUS LES DISCOURS-PRONONCES AUJOURD'HUI N’INCITENT PAS LES TRAVAILLEURS A SE LIBERER DE LA SERVITUDE DU SALARIAT. ILS CONSACRENT AU CONTRAIRE L’ EXPLOITATION. LES TRAVAILLEURS NE DOIVENT DONC PAS LEUR PRETER ATTENTION. "
dimanche 10 janvier 2010
L'abolition du salariat
L'abolition du salariat, qu'est-ce que cela veut dire, en termes concrets ? Cela veut dire, tout d'abord, la fin de la division de la société entre employeurs et salariés, entre ceux qui peuvent acheter les services des autres parce qu'ils détiennent les moyens de production et ceux qui ne possèdent rien que leur capacité à travailler, qu'ils sort obligés de vendre contre un salaire par nécessite économique afin de vivre. Cela veut donc dire l'abolition des classes. La seule base sur laquelle on peut le faire est la possession commune et la gestion démocratique des moyens et des instruments de production et de distribution par la société tout entière.
Le socialisme est la possession commune des moyens de production par la société tout entière, non par l'Etat. L'Etat est un instrument de domination capitaliste et la propriété d'Etat n’est pas le socialisme, mais le capitalisme d’Etat. Des pays comme la Russie l’était ou la Chine, où les moyens de production appartiennent à un Etat qui est contrôle par une classe minoritaire privilégiée, ne sont pas socialistes. C’est un capitalisme d'Etat, basé, comme l'est partout le capitalisme, sur le salariat.
Sur la base de la possession commune, la production peut être gérée démocratiquement et orientée vers la seule satisfaction des besoins humains. La production pour l'usage seul remplacera la production pour la vente en vue de profits. Quant à la distribution, la technologie moderne permet maintenant la production de la richesse en une telle abondance que le vieux principe socialiste « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins » peut être appliqué.
La réalisation de ce principe veut dire précisément ce que les mots disent : les hommes et les femmes travailleront ensemble au mieux de leur capacité pour produire une abondance de laquelle ils pourront alors se servir librement et gratuitement suivant leurs besoins. Le libre accès aux biens de consommation et aux services remplacera le rationnement du au système du salariat. L’argent disparaîtra et avec lui l'achat et la vente, les banques, les assurances et tout le système financier.
Une société sans classes, sans État et sans argent, c'est cela que l’abolition du salariat veut dire. C'est le but vers lequel les efforts de la classe salariée doivent tendre puisqu’elle, et seulement elle, peut créer le cadre dans lequel les problèmes auxquels la classe salariée a à faire face aujourd'hui peuvent être résolus une fois pour toutes.
samedi 2 août 2008
Abolissons le salariat
On peut distinguer les classes sociales d'après leur rapport avec les moyens de production et de distribution. En société de capitalisme privé ou de capitalisme étatique, les travailleurs n'ont accès aux usines, aux mines, aux chemins de fer, aux champs, etc... qu'en tant que salariés (ou travailleurs à gages, si on abandonne les euphémismes).
En tant que travailleurs nous ne possédons que notre capacité de travail (habileté manuelle, spécialité, qualification, niveau de connaissances intellectuelles), mais nous avons besoin de vivre. Nous n'accèdons pas librement à la nourriture, à l'habitat, ni à quoi que ce soit. Nous ne pouvons pas vivre sans argent, aussi vendons-nous notre capacité de travail. En fin de semaine, de mois, de quinzaine ou de trimestre, nous recevons une somme qui correspond grossièrement à ce qu'un travailleur doit dépenser pour se loger et être en mesure de reproduire une autre génération de travailleurs, ceci compliqué par la nécessité de rémunérer à un taux plus élevé les travailleurs qualifiés et aussi par les variations du niveau de chômage. Les salaires sont en rapport avec les chiffres du « coût de la vie » ; ils ne sont absolument pas en rapport avec la valeur de ce que les travailleurs produisent.
Les patrons tirent un profit de la valeur du travail réalisée, sur et par-dessus les salaires payés, le prix des matières premières, des appareils et autres frais généraux. Tout ce que les travailleurs achètent a été produit par les travailleurs eux-mêmes. Cependant, nous n'avons accès aux articles que nous produisons en attendant que d'une manière très rationnée, et limitée du pouvoir d'achat de notre salaire.
C'est ce que signifie la « paie » (ou solde ou salaire) en pratique: le rationnement, selon un processus singulièrement inadéquat. Notre « paie » n'a rien à voir avec le degré de nos besoins: elle reflète seulement la valeur de notre capacité de travail (que nous soyons des O.S. en surnombre ou des techniciens très recherchés). Les personnes âgées, handicapées, les enfants, les femmes, les personnes valétudinaires, les chômeurs, les ex-prisonniers désireux de se réinsérer, sont particulièrement nécessiteux mais ce sont eux qui disposent du moins d'argent pour faire face à leurs besoins plus grands. On ne peut qu'en conclure que notre société inverse les priorités.
Le problème de la distribution des produits humains ne sera résolu que par le socialisme, par une communauté démocratiquement dirigée par sa population avec le libre accès à toutes les richesses de l'humanité. Avec le socialisme et l'abolition du salariat, finirent la pauvreté, la faim et l'absence de logement par défaut d'argent. Les moyens de se nourrir et de se loger seront accessibles à tous sans la vente de la vie et des capacités de travail.
En tant que travailleurs nous ne possédons que notre capacité de travail (habileté manuelle, spécialité, qualification, niveau de connaissances intellectuelles), mais nous avons besoin de vivre. Nous n'accèdons pas librement à la nourriture, à l'habitat, ni à quoi que ce soit. Nous ne pouvons pas vivre sans argent, aussi vendons-nous notre capacité de travail. En fin de semaine, de mois, de quinzaine ou de trimestre, nous recevons une somme qui correspond grossièrement à ce qu'un travailleur doit dépenser pour se loger et être en mesure de reproduire une autre génération de travailleurs, ceci compliqué par la nécessité de rémunérer à un taux plus élevé les travailleurs qualifiés et aussi par les variations du niveau de chômage. Les salaires sont en rapport avec les chiffres du « coût de la vie » ; ils ne sont absolument pas en rapport avec la valeur de ce que les travailleurs produisent.
Les patrons tirent un profit de la valeur du travail réalisée, sur et par-dessus les salaires payés, le prix des matières premières, des appareils et autres frais généraux. Tout ce que les travailleurs achètent a été produit par les travailleurs eux-mêmes. Cependant, nous n'avons accès aux articles que nous produisons en attendant que d'une manière très rationnée, et limitée du pouvoir d'achat de notre salaire.
C'est ce que signifie la « paie » (ou solde ou salaire) en pratique: le rationnement, selon un processus singulièrement inadéquat. Notre « paie » n'a rien à voir avec le degré de nos besoins: elle reflète seulement la valeur de notre capacité de travail (que nous soyons des O.S. en surnombre ou des techniciens très recherchés). Les personnes âgées, handicapées, les enfants, les femmes, les personnes valétudinaires, les chômeurs, les ex-prisonniers désireux de se réinsérer, sont particulièrement nécessiteux mais ce sont eux qui disposent du moins d'argent pour faire face à leurs besoins plus grands. On ne peut qu'en conclure que notre société inverse les priorités.
Le problème de la distribution des produits humains ne sera résolu que par le socialisme, par une communauté démocratiquement dirigée par sa population avec le libre accès à toutes les richesses de l'humanité. Avec le socialisme et l'abolition du salariat, finirent la pauvreté, la faim et l'absence de logement par défaut d'argent. Les moyens de se nourrir et de se loger seront accessibles à tous sans la vente de la vie et des capacités de travail.
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